Photo numérique: encore des progrès
avec le Nikon Coolpix 995

Georges Favreau - AFM Grand Sud

 

 

A la recherche d'un outil performant pour la prise de vue macro en numérique, j'ai essayé diverses solutions, et vous avez pu lire dans le Cahier ces expériences successives. A chaque occasion, je vous disais que la solution était limitée et qu'il y aurait bientôt des solutions à la fois de bonne qualité et abordables. Je vais vous décrire celle pour laquelle je me suis enfin décidé à acheter un appareil : le Nikon Coolpix 995. C'est au cours d'un voyage aux USA que j'ai pu tester l'appareil et je remercie Storm Sears qui m'en a fait entrevoir toutes les possibilités.

Vous verrez également que le mode de prise de vues a changé, puisque la solution décrite ici peut se passer de bino.

Inutile de revenir sur les mérites de l'optique de la marque. Elle n'est certainement pas étrangère au fait que cet appareil soit un des best-sellers de sa catégorie, utilisé notamment par les chasseurs d'images d'oiseaux de la planète entière. Je ne vais pas vous faire une revue technique indigeste, style banc d'essai, mais plutôt vous décrire les éléments de la mise en œuvre du Coolpix 995, qui peuvent être utiles à celui qui veut se lancer dans la photo numérique de microminéraux.

Etant donné que la résolution du haut de gamme "amateur" se situe maintenant dans les 5 millions de pixels, les appareils à 3,3 millions (soit une image de 2048 x 1536 points) sont proposés à des prix bien plus raisonnables (1500 euro pour les premiers et 1000 euro pour les seconds). De la même façon qu'il n'est pas raisonnable d'acheter un PC équipé du tout dernier microprocesseur, il est naturellement préférable d'attendre une nouvelle génération d'appareils pour en acheter un. Avec 3,3 millions de pixels, vous pourrez imprimer des photos de taille courante sans voir de grande différence avec une photo classique (à condition, bien sûr, de prendre du soin à la prise de vue et de ne pas économiser sur la qualité du papier photo !). J'ai vu des résultats en macro de fleurs tout à fait étonnants!

Le Coolpix 995, comme son prédécesseur le 990, présente plusieurs fonctionnalités intéressantes pour la prise de vue macro : une mise au point frontale rapprochée (20 mm), un zoom optique assez important (4x) et enfin le design en deux éléments pivotants, permettant une bonne orientation de l'écran de contrôle en toutes circonstances.

Le mode opératoire, tout d'abord. Je vous ai déjà décrit la photo à travers la bino, mais bien souvent, par manque de sortie appareil photo spécifique, ça signifie un appareil posé devant la bino, ce qui impose de faire attention à ne pas accrocher le trépied avec son pied. D'autre part, en l'absence d'adaptateur pour coupler l'appareil à la bino, il convient de jongler en début de chaque séance pour ajuster l'alignement de l'appareil photo avec l'oculaire.

Pour les grossissements non extrêmes, exit la bino : j'ai acheté une optique spéciale, le Raynox MSN-500, qui se visse devant l'objectif de l'appareil photo et en multiplie le grossissement par 2,5 environ (valeurs mesurées)

L'appareil, équipé de son optique complémentaire est simplement vissé sur la colonne d'un ancien agrandisseur photo, équipé d'un large plateau (assurant une grande stabilité) et le tour est joué (cf. figure).

Bien sûr, comme pour les autre appareils numériques, on peut conserver le système utilisant la bino. Dans ce cas, les grossissements atteints en mettant bout à bout les zooms optique et numérique de l'appareil, la lentille additionnelle et le zoom de la bino sont purement vertigineux, mais attention aux phénomènes optiques de déformation, notamment de diffusion! Attention aussi aux poussières sur les différents éléments optiques! Personnellement, j'enlève la lentille Raynox quand je photographie à travers la bino.

Difficile d'estimer la mise au point sur le petit écran de contrôle au dos de l'appareil, même si le Coolpix 995 vous permet toutes sortes de réglages, de la luminosité à la couleur. C'est pourquoi je préfère utiliser le câble vidéo fourni et afficher les images sur mon téléviseur. Enfin une chaîne avec des programmes regardables, sans publicité ni mauvaises nouvelles! Avec une image de 30 cm de large, ou plus, la mise au point est plus facilement contrôlée et la position de travail peut être plus reposante. On peut même enregistrer les minéraux sur cassette vidéo, en les déplaçant ou en les faisant pivoter.

Comme beaucoup d'appareils autofocus, l'appareil se perd souvent en mode mise au point automatique (ex : cristal aciculaire dressé sur un fond), c'est pourquoi, il est préférable de désactiver cette fonction et d'effectuer soi même la mise au point sur la zone ou le cristal souhaité. Pour cela, l'utilisation d'un petit chariot élévateur semble la meilleure solution, car la précision de sa vis est souvent supérieure à bien des statifs ou pieds photo (à l'exception du matériel haut de gamme de ces équipements, bien sûr).

Les menus de programmation de l'appareil sont complexes, mais on ne se sert pas de toutes les fonctions et, point important, on peut choisir la langue de ces menus. Les quelques fonctions réellement utiles seront vite apprises.

Parmi celles-ci, il est possible de fixer le diaphragme, ce qui n'était pas le cas pour l'Olympus déjà décrit, et qui permet de jouer sur la profondeur de champ des photos. Le Coolpix peut calculer automatiquement la vitesse, une fois l'ouverture fixée (éviter les valeurs les plus élevées du diaphragme). En utilisant le retardateur, les vibrations lors de la manipulation sont éliminées, ce qui contribuera également à de meilleures images.

Attention, cette optique n'est pas facile à trouver et j'ai dû la commander aux USA (env. 150 euro avec le port). Avec le zoom optique et la lentille additionnelle, on arrive donc à un champ de 6 mm avec d'excellents résultats en matière de netteté. Si on utilise en plus de tout ça le zoom numérique de l'appareil (4x), le champ devient environ 1,5 mm, mais on y perd en définition. Peu de minéraux échapperont à un tel grossissement! Voyez donc les essais faits sur la minuscule pièce de 1 cent d'euro.

Le Nikon Coolpix 995 équipé de la lentille Raynox

Le déchargement de l'appareil vers un PC est bien plus performant que sur les solutions précédemment étudiées : grâce à sa connexion USB, le Coolpix transfère les images à raison d'une vue par seconde (contre une vue par 30 ou 40 s auparavant, avec le connecteur série sur l'Olympus). Il est possible de se doter d'un lecteur de cartes, permettant de conserver l'appareil en place et de ne déplacer que la carte mémoire, mais je préfère éviter les manipulations de cartes, sources de pannes.

A propos de ces cartes, il ne semble pas utile de disposer d'une importante capacité : on peut trier les images sur l'écran de l'appareil (mode mosaïque) et ne conserver que les bonnes pour le téléchargement vers le PC. J'utilise une carte 64 MO, qui permet de stocker environ 60 images en mode "qualité élevée" et 120 en mode "normal" (différence de qualité imperceptible à l'écran).

Une dernière astuce, l'alimentation électrique. Les accumulateurs sont des accessoires spécifiques (forme non standard) et très coûteux. Leur utilisation s'impose si vous allez dans la nature mais pour la macro à la maison, vous pourrez utiliser un adaptateur secteur. Celui vendu par Nikon est scanda-leusement cher (env. 70 euro). J'emploie un adaptateur standard, multi-tensions, qui délivre une tension de 7,5 V proche de celle de 8,3 V recommandée (toujours des valeurs biscornues, pour vendre ses propres accessoires !)… et qui ne m'a coûté que 9 euro en grande surface (Hypermédia).

Alors que faire maintenant, se décider ou attendre encore et encore? Si vous disposez du budget d'environ 1200 euro et que la photo numérique vous tente, réfléchissez bien à cette solution. Même si la technologie ne manquera pas d'évoluer, elle est assez mûre et vous ne regretterez pas cet achat!

Les photos de minéraux de la bourse de Bourg-les-Valence ont été effectuées sans bino, selon le mode opératoire décrit dans cet article.

Pour trouver des infos et des informations de prix, utilisez un moteur de recherche comme Altavista avec les mots clés "coolpix" +"995" et "raynox" + "msn-500"

Informations techniques sur la lentille Raynox

http://raynox.co.jp/english/digital/egnikon995.htm

1 - Distance frontale minimale, zoom optique maximal, sans lentille
additionnelle : champ 16 mm
2 - Distance frontale minimale, zoom optique maximal, avec lentille additionnelle : champ 6 mm
3 - Distance frontale minimale, zoom numérique maximal, avec lentille additionnelle : champ 1,5 mm